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est un éditeur artisan établi en Champagne (dans le petit village de Bannes)
qui a aussi eu pendant 26 ans un atelier en Île de France (dans le petit village de Paris),
mais ne l'a plus.
L'atelier de Bannes.
billet dédié à l'ami Jean-Paul Goujon
— T'as pas fait ton billet lundi dernier…
— Ben non…
— T'as eu la flemme ?
— Ben non, j'étais malade…
— Ah ! Et ça t'a empêché d'écrire ton billet ?
— Ben oui… j'avais pas trop envie. J'ai préféré me soigner en ne faisant rien.
— Et ça t'a soigné ?
— Ben oui, un peu. Ça fait du bien, de temps en temps, de ne rien faire. Ça repose. Et le repos, ça soigne un peu, parfois.
— Oui, mais pas toujours…
— Ben non… mais là, oui. Un peu…
— Et tu vas quand même faire ton billet ?
— Ben oui, je suis en train de le faire…
— Ah bon… Alors, je te laisse…
— Merci…
C'est pas pour dire, mais il y en a des qui sont sacrément… Passons…
Bon… Voyons voir… Ah, oui ! Y'en a d'aucuns — des malgracieux sans aucun doute — qui m'ont rétorqué voici peu (avec une moue significative) des vilenies du genre : « Euh, c'est pas pour te fâcher, mais tes trucs autour de l'imprimerie et de la technique… euh, comme qui dirait, on en a rien à battre ! ». Ça fait toujours plaisir à entendre, n'est-ce pas ? Alors, mais ce n'est surtout pas pour leur faire plaisir, je vais changer de sujet. Plutôt par flemme, comme disait l'autre, là, parce que je ne me sens pas encore très vaillant ni très courageux. J'ai donc décidé de faire plaisir aux thuriféraires de la littérature fin-de-siècle (le 19e) et du début du 20e. On n'était pas trop nombreux voici une cinquantaine d'années de cela, à connaître et à apprécier cette littérature. Maintenant, ça se bouscule au portillon. Les temps changent, c'est comme la météo, ça se réchauffe.
Je vous propose le sommaire du numéro d'une revue que j'ai tiré (le numéro) d'un rayonnage à la portée de ma main (ils ne le sont pas tous) dans ma bibliothèque. Presque au hasard. Est-ce que le hasard a bien fait les choses ? Je le pense, mais à vous d'en juger.

Les Chimères (revue de poésie paraissant le 15 de chaque mois)
Paris, 76, rue du Rocher.
Deuxième année, no 11. 15 février 1909. 28 pages.
Rédacteur en chef : Adrien Bertrand.
Membres du Comité : Guy Robert du Costal, Alfred Machard, Claude-Léon Mercerot, Vincent Muselli, Henri Grach.
Secrétaire général : Henry Bertrand.
Administrateur : René Emanuelli.
Sommaire
Émile Boissier, Annick (un poème dédié à Frédéric Mistral, constitué de onze quatrains en décasyllabes) ;
Guy Robert de Costal, Sonnets (deux sonnets monosyllabiques dont je ne peux m'empêcher de citer le premier :) ;
La More
Dort
Son
Corps
Blond
Sur
Le
Lit
Dur.
Frêle
Sœur
Qui
Gît !
Pâle
Fleur…
Roger Vincent, Souvenir - Chanson - Idylle anglaise (trois poèmes : un sonnet, un poème constitué de de six quatrains de trois heptasyllabes et d'un dissyllabe, un poème constitué de dix quatrains d'octosyllabes) ;
Adrien Bertrand, La Douleur (poème dédié à Théo Mittelsten Scheid, constitué de six sizains d'alexandrins) ;
Alfred Machard, Une escapade (courte nouvelle autour des personnages de gosses qu'affectionnait l'auteur) ;
E. Aubel, Sonnet (en alexandrins, dédié à Louis Perris) ;
Gaston Guilleré, Mimodrame (sorte de poème en prose autour du personnage de Pierrot) ;
Vincent Muselli, Poème (constitué de trois quatrains d'alexandrins, dédié à Édouard Marye) ;
André Petit, L'Éveil de l'été (sonnet en alexandrins) ;
Edmée Delebecque, Supplique - Dédicace (deux poèmes en alexandrins, le premier de sept quatrains, le second de seize vers) ;
Xavier Thylda, Celles qui passent… - Dormeuse - Stances (trois poèmes en alexandrins, deux sonnets, un poème de deux quatrains dédié à Guy Robert du Costal) ;
André Petit, Nuit (sonnet en alexandrins) ;
Une Matinée (compte-rendu anonyme d'une matinée littéraire, salle Lemoine, au 17 rue Pigalle) ;
Texte d'Adrien Bertrand annonçant sa démission du poste de rédacteur en chef de la revue pour endosser le costume de secrétaire du Comité pour l'élévation d'un monument à la gloire de Catulle Mendès qui avait cessé d'être immortel.
— Dis, excuse moi, je reviens à l'impromptu… Ils sont pas vraiment connus, les bonshommes de ta revue…
— Ben non.
— Et, s'ils aiment bien les femmes, ils semblent ne pas trop en faire cas. Pas une au sommaire… Alors, pourquoi tu en parles ?
— Bah ! Pour qu'ils soient un peu plus connus…
— Ouais… pas bête… Mais tu crois qu'avec ton minable petit billet tu va leur faire atteindre la célébrité, à tes poètes de seconde zone ?
— Non, probablement pas… mais peut-être qu'un petit zozo fin-de-siécliste récent va vouloir aller plus loin et pourra commencer à s'intéresser à l'un ou à l'autre, qui sait …
— Mouais… possible… mais, à la réflexion; tes inconnus chimériques me semblent assez peu progressistes, avec leurs sonnets à tous les coins de rue. Sont pas trop modernistes, hein, ils n'inventent pas grand chose dans leur classisme réfrigéré. Ils alexandrinisent à tour de bras…
— Pas faux… Mais ça aide à faire un petit panorama de l'époque. On en a fini, ou presque, avec les symbolards et Dada ne va pas tarder à venir. En attendant, ils sont là, eux… avant que la guerre de 14 ne les tue.
— Mouais…
billet dédié à l'ami Jean-Paul Goujon
— T'as pas fait ton billet lundi dernier…
— Ben non…
— T'as eu la flemme ?
— Ben non, j'étais malade…
— Ah ! Et ça t'a empêché d'écrire ton billet ?
— Ben oui… j'avais pas trop envie. J'ai préféré me soigner en ne faisant rien.
— Et ça t'a soigné ?
— Ben oui, un peu. Ça fait du bien, de temps en temps, de ne rien faire. Ça repose. Et le repos, ça soigne un peu, parfois.
— Oui, mais pas toujours…
— Ben non… mais là, oui. Un peu…
— Et tu vas quand même faire ton billet ?
— Ben oui, je suis en train de le faire…
— Ah bon… Alors, je te laisse…
— Merci…
C'est pas pour dire, mais il y en a des qui sont sacrément… Passons…
Bon… Voyons voir… Ah, oui ! Y'en a d'aucuns — des malgracieux sans aucun doute — qui m'ont rétorqué voici peu (avec une moue significative) des vilenies du genre : « Euh, c'est pas pour te fâcher, mais tes trucs autour de l'imprimerie et de la technique… euh, comme qui dirait, on en a rien à battre ! ». Ça fait toujours plaisir à entendre, n'est-ce pas ? Alors, mais ce n'est surtout pas pour leur faire plaisir, je vais changer de sujet. Plutôt par flemme, comme disait l'autre, là, parce que je ne me sens pas encore très vaillant ni très courageux. J'ai donc décidé de faire plaisir aux thuriféraires de la littérature fin-de-siècle (le 19e) et du début du 20e. On n'était pas trop nombreux voici une cinquantaine d'années de cela, à connaître et à apprécier cette littérature. Maintenant, ça se bouscule au portillon. Les temps changent, c'est comme la météo, ça se réchauffe.
Je vous propose le sommaire du numéro d'une revue que j'ai tiré (le numéro) d'un rayonnage à la portée de ma main (ils ne le sont pas tous) dans ma bibliothèque. Presque au hasard. Est-ce que le hasard a bien fait les choses ? Je le pense, mais à vous d'en juger.

Les Chimères (revue de poésie paraissant le 15 de chaque mois)
Paris, 76, rue du Rocher.
Deuxième année, no 11. 15 février 1909. 28 pages.
Rédacteur en chef : Adrien Bertrand.
Membres du Comité : Guy Robert du Costal, Alfred Machard, Claude-Léon Mercerot, Vincent Muselli, Henri Grach.
Secrétaire général : Henry Bertrand.
Administrateur : René Emanuelli.
Sommaire
Émile Boissier, Annick (un poème dédié à Frédéric Mistral, constitué de onze quatrains en décasyllabes) ;
Guy Robert de Costal, Sonnets (deux sonnets monosyllabiques dont je ne peux m'empêcher de citer le premier :) ;
La More
Dort
Son
Corps
Blond
Sur
Le
Lit
Dur.
Frêle
Sœur
Qui
Gît !
Pâle
Fleur…
Roger Vincent, Souvenir - Chanson - Idylle anglaise (trois poèmes : un sonnet, un poème constitué de de six quatrains de trois heptasyllabes et d'un dissyllabe, un poème constitué de dix quatrains d'octosyllabes) ;
Adrien Bertrand, La Douleur (poème dédié à Théo Mittelsten Scheid, constitué de six sizains d'alexandrins) ;
Alfred Machard, Une escapade (courte nouvelle autour des personnages de gosses qu'affectionnait l'auteur) ;
E. Aubel, Sonnet (en alexandrins, dédié à Louis Perris) ;
Gaston Guilleré, Mimodrame (sorte de poème en prose autour du personnage de Pierrot) ;
Vincent Muselli, Poème (constitué de trois quatrains d'alexandrins, dédié à Édouard Marye) ;
André Petit, L'Éveil de l'été (sonnet en alexandrins) ;
Edmée Delebecque, Supplique - Dédicace (deux poèmes en alexandrins, le premier de sept quatrains, le second de seize vers) ;
Xavier Thylda, Celles qui passent… - Dormeuse - Stances (trois poèmes en alexandrins, deux sonnets, un poème de deux quatrains dédié à Guy Robert du Costal) ;
André Petit, Nuit (sonnet en alexandrins) ;
Une Matinée (compte-rendu anonyme d'une matinée littéraire, salle Lemoine, au 17 rue Pigalle) ;
Texte d'Adrien Bertrand annonçant sa démission du poste de rédacteur en chef de la revue pour endosser le costume de secrétaire du Comité pour l'élévation d'un monument à la gloire de Catulle Mendès qui avait cessé d'être immortel.
— Dis, excuse moi, je reviens à l'impromptu… Ils sont pas vraiment connus, les bonshommes de ta revue…
— Ben non.
— Et, s'ils aiment bien les femmes, ils semblent ne pas trop en faire cas. Pas une au sommaire… Alors, pourquoi tu en parles ?
— Bah ! Pour qu'ils soient un peu plus connus…
— Ouais… pas bête… Mais tu crois qu'avec ton minable petit billet tu va leur faire atteindre la célébrité, à tes poètes de seconde zone ?
— Non, probablement pas… mais peut-être qu'un petit zozo fin-de-siécliste récent va vouloir aller plus loin et pourra commencer à s'intéresser à l'un ou à l'autre, qui sait …
— Mouais… possible… mais, à la réflexion; tes inconnus chimériques me semblent assez peu progressistes, avec leurs sonnets à tous les coins de rue. Sont pas trop modernistes, hein, ils n'inventent pas grand chose dans leur classisme réfrigéré. Ils alexandrinisent à tour de bras…
— Pas faux… Mais ça aide à faire un petit panorama de l'époque. On en a fini, ou presque, avec les symbolards et Dada ne va pas tarder à venir. En attendant, ils sont là, eux… avant que la guerre de 14 ne les tue.
— Mouais…
Il y a peu de temps de cela, vous vous en souvenez sûrement, j’ai annoncé ici qu’il ne manquait plus qu’une table à encrer pour que la Stanhope nouvellement arrivée dans l’atelier soit dotée de tout le matériel nécessaire à son fonctionnement. Eh bien, maintenant, c’est fait, la Stanhope l’a sa table sa table à encrer. Et elle a même plus que cette table ; elle a aussi ses propres bidons de produits de nettoyage, avec pour chaque bidon une belle étiquette imprimée dans l’atelier, en noir sur du papier orange fluo pour que ça se voie bien. Allez, on voit ça en images…

Les quatre bidons sont posés sur le marbre de la Stanhope, chacun doté de sa belle étiquette et rempli chacun de son liquides de nettoyage. Ils trônent devant le rouleau à deux manches : acétone, essence F, essence C, white spirit (aussi appelé terpentine).

Et voici la table à encrer de fabrication maison avec des éléments hétéroclites, conservés parfois depuis des années en se disant : « Ces bidules-là serviront peut-être un jour pour fabriquer un machin, sait-on jamais ! »… Mais, mais… — ô horreur ! — on s’aperçoit que le plateau de la table, en authentique verre de plus de 5 millimètres d’épaisseur, est plus que dégoûtant. Nettoyage express !

Bon, là ça va mieux. Propre comme ça, même si l’on veut encrer en blanc, on ne risque pas de salir la couleur… si, bien sûr, le rouleau encreur est lui aussi proprement propre.

La table n’a que trois pieds, mais ils sont à roulettes pour qu’on puisse la déplacer facilement. Ce n’est pas une volonté expresse qu’elle n’ait que trois pieds. C’est que dans notre stock de bidules pour fabriquer des machins, on n’en a trouvé que trois. Alors on a fait avec les moyens du bord. Mais avouez quand même qu’elle a de l’allure, cette table, avec son verre Art Déco et sa jolie bordure en fer blanc gaufré. Non ? Pas d’accord ?… Tant pis, je m’en fiche, moi, j’aime…

Pour compléter le petit matériel, je vous présente la petite boîte sur pieds (elle en a quatre, elle !) qu’un ami m’a donnée parce qu’elle ne lui servait plus et qui me sert à ranger les chiffons et les bidons. Les chiffons propres, en attente de salissure, sont dans un petit compartiment qu’on peut fermer avec un couvercle doté de charnières. C’est tout mignon.

Le petit couvercle est refermé.

Le grand couvercle de la boîte est refermé à son tour…

… Et on peut poser les bidons de produits de nettoyage dessus. Merveilleux, n’est-ce pas ?

On peut aussi poser d’autres rouleaux à main sur la table à encrer, des plus petits…
— Oui, c’est bien gentil tout ça, mon bonhomme, mais quand est-ce que tu vas t’en servir de ta presse ?
— Bah, pfff… quand j’aurai un peu moins mal au dos pour tirer sur le barreau… bientôt… bientôt…
Il y a peu de temps de cela, vous vous en souvenez sûrement, j’ai annoncé ici qu’il ne manquait plus qu’une table à encrer pour que la Stanhope nouvellement arrivée dans l’atelier soit dotée de tout le matériel nécessaire à son fonctionnement. Eh bien, maintenant, c’est fait, la Stanhope l’a sa table sa table à encrer. Et elle a même plus que cette table ; elle a aussi ses propres bidons de produits de nettoyage, avec pour chaque bidon une belle étiquette imprimée dans l’atelier, en noir sur du papier orange fluo pour que ça se voie bien. Allez, on voit ça en images…

Les quatre bidons sont posés sur le marbre de la Stanhope, chacun doté de sa belle étiquette et rempli chacun de son liquides de nettoyage. Ils trônent devant le rouleau à deux manches : acétone, essence F, essence C, white spirit (aussi appelé terpentine).

Et voici la table à encrer de fabrication maison avec des éléments hétéroclites, conservés parfois depuis des années en se disant : « Ces bidules-là serviront peut-être un jour pour fabriquer un machin, sait-on jamais ! »… Mais, mais… — ô horreur ! — on s’aperçoit que le plateau de la table, en authentique verre de plus de 5 millimètres d’épaisseur, est plus que dégoûtant. Nettoyage express !

Bon, là ça va mieux. Propre comme ça, même si l’on veut encrer en blanc, on ne risque pas de salir la couleur… si, bien sûr, le rouleau encreur est lui aussi proprement propre.

La table n’a que trois pieds, mais ils sont à roulettes pour qu’on puisse la déplacer facilement. Ce n’est pas une volonté expresse qu’elle n’ait que trois pieds. C’est que dans notre stock de bidules pour fabriquer des machins, on n’en a trouvé que trois. Alors on a fait avec les moyens du bord. Mais avouez quand même qu’elle a de l’allure, cette table, avec son verre Art Déco et sa jolie bordure en fer blanc gaufré. Non ? Pas d’accord ?… Tant pis, je m’en fiche, moi, j’aime…

Pour compléter le petit matériel, je vous présente la petite boîte sur pieds (elle en a quatre, elle !) qu’un ami m’a donnée parce qu’elle ne lui servait plus et qui me sert à ranger les chiffons et les bidons. Les chiffons propres, en attente de salissure, sont dans un petit compartiment qu’on peut fermer avec un couvercle doté de charnières. C’est tout mignon.

Le petit couvercle est refermé.

Le grand couvercle de la boîte est refermé à son tour…

… Et on peut poser les bidons de produits de nettoyage dessus. Merveilleux, n’est-ce pas ?

On peut aussi poser d’autres rouleaux à main sur la table à encrer, des plus petits…
— Oui, c’est bien gentil tout ça, mon bonhomme, mais quand est-ce que tu vas t’en servir de ta presse ?
— Bah, pfff… quand j’aurai un peu moins mal au dos pour tirer sur le barreau… bientôt… bientôt…
L’homme au coin
10 pages,
format 8,5 x 8,5 cm.
tirage à environ 30 exemplaires en typographie au plomb.
Thomas Braun
des fromages
8 pages,
format 11,2 x 9 cm.
tirage à 131 exemplaires en typographie.
CLS
Un volumen,
79 cm de long, 17,5 cm de haut.
tirage à 10 exemplaires en linogravure.
Marie-Rose de France
26 petits textes en proses poétique. Vignettes de CLS.
tirage à 120 exemplaires en typographie au plomb.
... pour ceux qui auraient la flemme de chercher.
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